Cygnes d'Arabie
Personnages :
Amaryllis : Jeune esclave. Amante de Bertilak.
Bertilak : Afrit (démon). Amant d'Amaryllis.
Un homme.
Sept Djinn (démons).
Musique: Requiem for a dream (piano)
Lecture : « C'était une nuit propice à l'enchantement. Une pleine lune énorme, éclatante, dont les nuances allaient du blé à l'abricot, dominait majestueusement le ciel au dessus du désert. D'impalpables écharpes nuageuses striaient passagèrement sa face imposante avant de rendre le firmament de sa nudité bleu nuit. Au loin, le clair de lune léchait les dunes. Et dans un ravin dérobé, une brume dorée épousait le pourtour des falaises avant d'aller imprégner le sol de grès. »
Mais l'oued était aussi profond qu'étroit, et sur un côté, une saillie rocheuse y ménageait une zone d'un noir d'encre.
« »
A la lisière du puit de lumière dessiné par le clair de lune, un homme était assis devant le feu.
« »
Au bout d'un moment, une curieuse odeur se répandit dans le ravin, accompagné d'un air doux, planant ( Dance of the knight- Roméo et Juliette).
L'homme piqua du nez, « » La musique est de plus en plus forte.
Une silhouette sort de l'ombre, passe devant le dormeur pour aller se tenir dans le clair de lune, au centre du ravin.
La clarté parut s'aviver en hommage à sa beauté.
D'abord incertaine, elle laissa libre court à ses émotions et se mit a danser.
Ayant fini de virevolter, jeune fille secoua la tête d'un air plein de fierté désespérée et plongea son regard dans les ténèbres en se tournant vers la lune.
La musique se tut peu a peu.
Puis une voix lointaine qui semblait charriée par le vent prononça :
« Amaryllis... »
La jeune fille sursauta et regarda d'un côté puis de l'autre. Elle poussa un charmant soupir.
« Mon Amaryllis... »
Elle répondit douce et tremblante :
« Sire Bertilak est-ce vous ?
C'est bien moi.
Où êtes-vous ? Pourquoi me torturez vous ainsi ?
Je me cache derrière la lune, Ô mon Amaryllis.
Par crainte que ta beauté ne consume mon Essence. Celle ton visage derrière le voile qui ceint inutilement tes hanches, que je puisse m'aventurer près de toi. Le veux-tu ?
Oh, Bertilak... De tout mon c½ur ! »
La jeune fille s'exécuta.
« Chère Amaryllis ! Ecarte toi que je puisse descendre sur terre.
La jeune esclave émit un son étranglé, puis alla coller son dos contre un rocher. On entendit une musique à réveiller les morts. La jeune fille leva les yeux, bouche bée.
Une silhouette descendit du ciel majestueusement du ciel.
C'était un homme au torse nu ceint d'un pourpoint argenté, qui portait une ample cape, un pantalon bouffant et d'élégantes babouches au bout recourbé. Un imposant cimeterre était glissé dans sa ceinture incrustée de pierreries.
Il se posa en douceur devant la jeune fille et lui décrocha un sourire éblouissant accompagné d'un grand geste plein d'aisance.
« Eh bien, Amaryllis aurais-tu perdu ta langue ? As-tu oublié le visage de ton génie bien aimé ?
Oh non, Bertilak ! Eussé-je attendu soixante-dix-sept ans et non sept, jamais je n'aurais pu oublier un seul de tes cheveux lustrés. (A part, au public) Mais les mots me manquent et mon c½ur bat à tout rompre a l'idée que le magicien puisse se réveiller et nous surprendre ! Car une fois encore il entourerait mes fines et blanches chevilles de chaînes et vous emmurerait dans sa bouteille !
(Le génie éclate d'un rire tornituant) (Au public) Le magicien dort. Ma magie est plus puissante que le sienne est le sera toujours. Mais la nuit avance, et a l'aube je devrai rejoindre mes frères Afrits afin de chevaucher avec eux les courants aériens. (A Amaryllis) Viens dans mes bras, ma belle. L'espace de ces trop courtes heures, pendant que j'ai encore forme humaine, que la lune soit témoin de nos amours et que celle-ci défie la haine que nos deux peuples se vouent de toute éternité.
Oh, Bertilak !
Oh, mon Amaryllis mon cygne d'Arabie ! »
Le génie alla enserrer la jeune esclave dans son athlétique étreinte.
Ils dansent ensembles. (Le lac des cygnes)
Amaryllis chante (L'Hymne à l'Amour).
« Amour tait-toi !
qu'y'a-t'il ? Pressens-tu des choses qui m'échappent ?
Chut ! Plus un mot ! Le péril nous guette... »
Bertilak présente son plus noble profil, regarde vers le haut, puis vers le bas... Enfin il huma l'air. Le magicien sommeillait et la lune avait complètement disparu. Soudain le génie poussa un juron retentissant accompagné d'un raclement métallique : il tirait son cimeterre en serrant la jeune fille toute tremblante contre sa poitrine.
« Amaryllis ! On vient ! Mes pouvoirs me le révèlent.
Quatre djinns déchaînés, ma douce, envoyée par la reine des afrits pour me capturer ! Nos amours lui déplaisent ; il nous enchaîneront et nous traîneront nus devant elle pour affronter les conséquences de son bon vouloir ! Il faut fuir mon amour ! Non l'heure n'est plus aux mots doux, malgré la supplique de tes yeux clairs ! Va, vite ! »
La jeune fille se résolut à s'extraire des bras du génie. Elle partit se cacher a jardin. Le génie lui, se débarrassa de sa cape et de son pourpoint, dénudant sa poitrine pour mieux affronter l'adversaire.
(Symphonie du nouveau monde)
Les quatre djinns surgirent a cour.
Trois des quatre s'attaquèrent a Bertilak et le dernier captura Amaryllis a jardin.
Bertilak tue les djinns et sauve Amaryllis.
« Ô Mon Amaryllis, c'est terminé.
Tout est réellement terminé ?
Oui ! Mes pouvoirs me révèlent que mes frères ont tués la reine.
Plus rien ne s'opposera à notre amour »
(Suite pour violon)
Fin